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2013-04-16

Qu'est-ce que le virtuel?


Le numérique est-il un autre monde, un monde parallèle, supérieur à ici-bas par son supplément d'intelligence   et sa puissance instrumentale? Ou une simple plateforme multimédia interactive? Pourquoi fantasmons-nous en investissant tant de désirs, d'imaginaire, d'espoir dans le numérisme? Nous croyons à la réalité de ce qui n'est qu'un simulacre et une machine à communiquer? Fascinés par le mirage?
Il est clair que nous avons besoin d'inventer un ailleurs, qu'il soit magique, religieux, onirique, hypnotique ou numérique. Le monde d'ici-bas est-il donc si frustrant, si douloureux, si décevant qu'on ait besoin de s'en évader? Il est clair que le numérique est un psychotrope, un excitant de notre imaginaire et de nos instinct. Pourtant, ce n'est pas une molécule de drogue, pas un champignon hallucinatoire.  Ce n'est qu'un média électronique basé sur le code binaire le plus basique, une programmation algorithmique. Pas de paradis artificiel dans un ordinateur, pas de narcotique, pas de petit génie, pas de potion magique, pas de fenêtre sur un ailleurs de lumière bleutée. Une enflure imaginaire extraordinairement attractive, euphorisante, puissante et gratifiante. Parfois aussi terrifiante par ses effets pervers.

2011-03-30

La poudre numérique

J'ai racheté à gros prix les dénominations d'URL www.tweet.me et www.tuit.me. Me voilà pris dans la mécanique obsessionnelle du tuit art, de me donner un espace de jeu, qui me fait éprouver la même fébrilité que j'observe chez tous les dépendants de Facebook, de Twitter, etc. Un espace d'évasion, de création, d'affirmation. J'ai donc acheté ma dose de poudre numérique. Il faut faire l'expérience de la drogue - celle-là comme les autres - pour comprendre sa puissance d'attraction, l'effet du vertige numérique qui nous fait basculer. Le psychotrope est fort, fort agréable. Reste à en suivre les effets. La pilule fonctionne comme une turbine, un réacteur d'avion pour décoller et naviguer dans l'espace azuré. Dans l'imaginaire, elle ressemble à une rose, avec ses épines. Est-ce un aveu d'artiste? Ou la pratique du mythanalyste? Les deux, probablement.L'observation exige une vérification réelle des données et comporte donc des risques...
Hervé Fischer