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2009-02-17

Digital Arts China

Digital China is moving ahead. No doubt that this country is giving attention not only to computing industries but also from now on more and more to the creation of quality Chinese digital contents and services. As a visiting professor at the Beijing Institute of Graphic Communication, l had the opportunity to visit a series of Labs and to attend in February 2009 an important meeting devoted to the foundation of a new digital industry national network and base. Hosted by Zhang Zhaoxia, from the China Dance Academy, the meeting was attended by Liu Xu Gyuang, director of the New Media Lab of the Beijing Film Academy, Zhang Xiao Fu, President of the Electronic Music Association of China, Yu Xinbo of the Beijing Opera and Li Ping, CEO of the International Federation of Multimedia Associations. Pr Li Yi Fan, head of the New Media Industry Base of the BIGC made the proposition of creating an alliance of these different Labs allowing to better promote the multimedia convergence of these expertises in China and to start a dialogue with the central government. We may think that they will be well received by a Department of culture eager to support what is now considered as a national priority: Creative Industries.
Meanwhile, the central government has decided to focus on five important cities for a faster development of new media zones: Beijing, Shanghai, Shenyang, Chengdu and Kouang Tcheou, not to mention Hong Kong's initiatives. Simultaneously Pr Zhang Xiaoming, Deputy Director of Research Center for Human Resources (CASS) organizes each year an international Creative Industries Forum and publishes an annual collective "Blue Book" spported by UNESCO which takes in account the new digital trends.
An other important meeting which l attended at the Beijing Art Museum of Imperial City focused on the importance of developing from now on quality digital contents. Representatives of the government, of printing industries, Jia Lei Lei, president Assistant of the prestigious Chinese Academy of Arts, Zhang Yong director of the Museum, Li Yi Fan of the School of Art Design, Ping Li of FIAM and industry developers agreed upon the idea of accelerating the offer of Chinese contents on line. A World Internet and Multimedia Summit will be held in Shenyang next September.
Confucius turning digital

The well known label Made in China is fast metamorphosing into Created in China. And it is not only promising for cell telephones and computers manufacturing, but also for multimedia design and contents on all screens, including the mobile screens. Again we may announce that Confucius is turning digital.
Hervé Fischer

2009-02-14

Les vieux médias


On ne parle plus, bien sûr, que des nouveaux médias : New Media. J’écris ce blog de la «China New Media Development Zone», dans le district de Daxing, à quarante minutes au sud de Tienanmen Square. Cette zone, créée par le gouvernement, et qui s’étend sur quinze kilomètres, est en plein dévelopement. Il y a beaucoup d’autres zones de ce type en Chine – et le gouvernement central a décidé de privilégier cinq villes, où il investit massivement -, à Beijing même, mais aussi, bien sûr à Shanghai, à Chengdu, à Shenyang, et dans le Sud, sans compter Hong Kong.
Confucius numérique

Il est vrai que la Chine, qui a, la première, inventé l’écriture et l’imprimerie, et qui est aujourd’hui en passe de devenir la première puissance économique du monde, a, cette fois, un peu de retard, quant au développement des nouveaux médias. Pas pour très longtemps. Confucius numérique est en chemin, bientôt en ligne!
Et ailleurs dans le monde, qui ose encore parler des vieux médias? Qui osera encore en faire l’éloge? Beaucoup annoncent que les jours du livre et du journal papier sont comptés. Même le cd serait déjà un vieux média, chacun chargeant de la musique en ligne. On annonce aussi que les blogs vont disparaître, puisque maintenant il vaudrait mieux communiquer sur Facebook et sur Twitter pour être lu. On assite à une sorte d’accélération hystérique. Non seulement tout vire numérique, mais tout migre en ligne. À croire que l’être humain lui-même sera bientôt en ligne pour survivre, et que son simulacre terrestre, le viel être humain que Dieu a fait à sa propre image, mais archaïquement de terre et de poussière, est condamné à disparaître. En d’autres termes, comme dirait aujourd’hui Descartes, je communique, donc je suis. Et il va de soi que je communique en ligne. Donc je suis sur les réseaux numériques – ou je ne suis pas… L’excès est tel, qu’on sera en droit de se demander si nous ne sommes pas victimes d’un mirage, au sens traditionnel du mot : un simulacre du réel, qui nous trompe; un miroir aux alouettes, mais qui apparaît plus proche et plus réel que la réalité. Certes, tout ce qui est nouveau est beau : c’est le slogan que nous récitons aujourd’hui en chœur.
Pourtant, j’oserai sans hésitation affirmer que j’aime mieux lire un livre papier qu’un écran cahodique ou même plasma; que j’aime mieux, dans le métro, ou chez moi en prenant mon café, lire un journal papier qu’un écran d’ordinateur ou de téléphone portable, même si les nouvelles y seraient plus immédiates. On m’objecte : voyez les jeunes d’aujourd’hui : ils n’ouvrent pas de livres, sauf en classe où on les y oblige, ils ne lisent pas les journaux papier, ils sont tous toujours sur l’internet, même et surtout pour jouer. D’ailleurs, comme le rappelle Steve Jobs avec une conviction commerciale primaire : ils ne lisent plus. À l'en croire, on ne lira plus à l’avenir, sauf sur son écran d’iPood. On oublie seulement que le comportement des jeunes ne préfigure pas le comportement qu’ils auront à l’âge adulte. Cela a toujours été ainsi.
Le mirage numérique

Et pourquoi sacrifier à ce mirage, comme si la nouveauté était la panacée universelle? Je trouve plus d'analyse petinente, approfondie, dans les "vieux" journaux et magazines que sur l'internet, qui mise davantage sur l'événementiel spectaculaire. Je passe autant d’heures le nez dans des livres que sur mon écran. C'est la beauté de notre époque. Cela me rend deux fois plus heureux, deux fois plus informé, deux fois plus actif, et deux fois moins bête. Car pour prendre le temps de réfléchir, pour cultiver son intelligence, il ne suffit pas de se faire remplir comme un vase au robinet qui coule à flots de capsules de tout, y compris d’information, voire de citations remarquables. Il ne fait aucun mal de faire une pause dans un livre, dans un article de magazine un peu plus approfondi, voire de regarder un tableau, ou même de méditer devant la nature.
Cet effet de mirage numérique n’est pas sans vertus fascinantes, hypnoptisantes mêmes, mais pourquoi en faire un parti pris qui le transforme en défaut – un mot qu’il faut lire à la lettre – je veux dire : un manque d’attention pour les questions plus complexes. Qui a dit que la pensée juste est dans la vitesse? Pas moi, jamais. C’est Bill Gates, un autre manufacturier.
Les vieux médias ont du bon et je les aime autant que les nouveaux. J’ai besoin d’eux autant que des nouveaux. À l’école, cela devrait être dit et rappelé. Et cette attitude est recommandable pour tout adulte qui veut exercer au mieux ses capacités intellectuelles et ses responsabilités humaines. Les nouveaux médias, en revanche, sont imbattables pour les «utilités».
Je sens que je prends le risque, une fois de plus, de me faire accuser de défendre trop les livres et d’être contre le progrès. Pourtant, que je sache, le numérique est une technologie prodigieuse, mais ce n’est pas encore une religion! Je suis d’ailleurs croyant, depuis vingt cinq ans maintenant! Mais je ne serai jamais intégriste numérique. Ceux qui le sont se montrent enthousiastes, ce qui les rend sympathiques, d’autant plus qu’ils sont inoffensifs, à la différence des fous de dieu; mais j’accepte sans regret qu’ils me traitent de vieux média. Cela ne m’empêche pas, en plus de lire des livres et des journaux, de passer chaque jour des heures en ligne, comme eux.
Hervé Fischer