Today's need to be connected to the web
reactivates the nostalgic link of the fetus to mother's placenta by the umbilical
cord. Hyperlinks, the new metaphor of our web navigations, but also more
generally of the interpretation of our society and universe as hypertextes relay
on the same desire of euphoric fusion with life and nature as a Whole. Links
lead to the archaic myth of unity and its vivid dynamics.
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2013-04-26
2013-04-25
L’ombilical numérique
Cyberespace, peinture acrylique sur toile, 91x153 cm, 1999
Chacun veut être branché,
connecté au web qui devient alors un ersatz du corps maternel. Ce branchement évoque
le cordon ombilical du fœtus par rapport au placenta et réactive la
nostalgie biologique que nous en gardons. Cette connexion numérique joue
véritablement le rôle d’un cordon ombilical avec le corps social, au
point où nous l’appellerons un « ombilical numérique ». La vie, la
croissance personnelle, la satisfaction physique et psychique passent par lui. La
métaphore organique de la nature vaut aussi pour la communauté humaine, à
laquelle on ressent ce besoin sécuritaire d’appartenance, dont on ne supporte
pas d’être exclu. C’est bien en ce sens qu’on parle de solidarité organique plutôt que seulement mécanique, selon la différence
proposée par Durkheim. Le succès des réseaux sociaux amplifie l’importance de
cet imaginaire. Tous les hyperliens qu’on évoque métaphoriquement à propos de
la navigation sur le web, ce sont des liens électroniques de point en point sur
les réseaux, certes. Mais ils participent aussi, imaginairement, de ce besoin psychique, de cette soif
inextinguible de liens, d’appartenance que nous ressentons comme atome social
isolé par rapport au Tout social.
Certes, l’attrait irrésistible
que nous éprouvons pour ces liens numériques semble nouveau. Mais il ne fait
que refléter l’expérience du nouveau-né dans le carré parental, cette structure
élémentaire bio-sociale sur laquelle la mythanalyse fonde l’origine des mythes :
les liens du nouveau-né avec la mère, le père et l’autre (la société). Le mythe qui sous-tend cette importance des
hyperliens et de l’ombilical numérique, n’est qu’une nouvelle déclinaison de ces
liens, dont Confucius faisait une interprétation du monde et une morale sociale
dans la Chine ancienne, et qu’on retrouve encore diversement dans plusieurs
mythologies, comme celle des Maori polynésiens.
Libellés :
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Whakapapa
2013-04-20
Le Whakapapa numérique

Nous avons donc réinventé le Whakapapa des Maori , cette civilisation polynésienne dont le Musée de la civilisation de Québec présente actuellement une magnifique exposition. Leur conception de la nature et de la société repose sur les liens qui unissent toutes choses. Voilà donc une autre déclinaison de cette structure de l'univers, des hommes et objets, que Confucius avait établie dans la Chine ancienne. Le Musée de la civilisation décrit ainsi le Whakapapa:
Dans la vision maori du monde, tout est lié - les personnes, l'environnement naturel et les objets animés ou inanimés. Cette interconnexion constitue le Whakapapa.
Le Whakapapa s'exprime à travers les généalogies, les rites et les histoires. Ensemble, ces héritages forment la base d'un savoir qui permet aux hommes de définir qui ils sont et comment ils sont liés les uns aux autres, ainsi qu'au monde qui les entoure. Les chefs tribaux et les anciens sont chargés de préserver et d'utiliser ce savoir à bon escient.
Au sein de la société maori, le Whakapapa décrit les liens étroits entre une whanau (famille), son hapu (sous-tribu) et son iwi (tribu). Le Whakapapa relie aussi une personne à son waka (canot ancestral). L'art maori traditionnel et contemporain, ainsi que le ta moko (tatouage) décrivent parfois ces liaisons.
On croirait entendre un gourou du cybermonde nous décrire ainsi le rôle des hyperliens dans l'interprétation de l'univers, la navigation sur le web, la gouvernance sociale, les finances, l'économie, l'identification, la gestion et le contrôle des citoyens et des objets, sans oublier les liens des médias enrichis et de la réalité augmentée, y compris le système bluetooth des hyperobjets qui communiquent entre eux sur les réseaux numériques! Nos téléphones intelligents sont devenus les baguettes magiques de notre Whakapapa numérique d'aujourd'hui. La métaphore de Confucius et des Maori est réactivée par notre fascination actuelle pour les hyperliens, qui nous invitent à interpréter l'univers, la société et les réseaux d'objets connectés comme des hypertextes. Avec les gri-gri et la pensée magique propres à l'âge du numérique.
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