2009-04-11

Signe et synthèse : les paradoxes de l’image numérique


Les arts numériques visent la perfection technique du simulacre, éventuellement en trois dimensions, dont la haute définition, les éclairages, les textures, les colorations, voire la fluidité du mouvement, soient capables de créer la parfaite illusion d’une perception réaliste. En ce sens, ils tentent de relever le même défi que les peintres traditionnels, qui, depuis la Renaissance jusqu’au XIXe siècle, ont tenté de recréer une imitation aussi parfaite que possible de la réalité, même lorsque cette réalité est savamment recomposée pour célébrer des scènes mythologiques, historiques, bourgeoises, voire des natures mortes. Et c’est sans compter le concours de réalisme entre les peintres grecs anciens Xeusis et Parrhasius, dont les grains de raisin ou le rideau pouvaient tromper notre perception, les peintres spécialisés dans le trompe-l’œil, le mouvement récent de l’hyperréalisme, ou l’école actuelle de ceux qui composent des scènes sophistiquées de personnages et de décors et en recolorent l’agrandissement photographique.
De fait, les arts numériques, pris au piège de la perfection programmatique, voudraient faire encore mieux que la photographie, en y ajoutant la troisième dimension, le mouvement, l’interactivité et le son, grâce au multimédia. Cette logique du progrès technologique les situe paradoxalement dans une attitude anachronique par rapport à la peinture actuelle, qui, précisément, a pu se libérer de la servilité réaliste grâce à l’alternative de la photographie, et explorer ainsi les limites de ses capacités et de sa liberté d’expression. C’est oublier aussi que même la photographie a su se libérer elle-même de cette soumission au réalisme et devenir un mode d’expression créatif. L’ambition du numérique d’être plus «vrai» que le réel, crée souvent cet effet d’ennui que nous laissent des œuvres sur écran ou tirées en haute définition sur du papier photographique supérieur et glacé, de même que les animations en haute définition. Les arts numériques n’y échappent souvent qu’en cultivant un esprit de divertissement et une interactivité qui amusent les foules, mais où ils perdent finalement tout intérêt artistique. L’image créée par ordinateur, ou « image de synthèse », comme on l’appelle à juste titre, est trop précise, trop achevée pour rivaliser avec la force d’expression de l’écriture picturale.

présentation ou représentation

L’ image de « synthèse » relève de l’artisanat, et sa perfection lui enlève tout statut d’image et donc d’art. L’art suppose non pas la synthèse, mais la soustraction, la réduction du multisensoriel au seul visuel, de la réalité à son seul signe. J’aime dans la peinture, le dessin ou la sculpture l’imperfection qui témoigne du processus exaltant de la création, de la recherche, du défi humain. C’est ce qui nous fascine dans l’esquisse, dans la sculpture que Rodin dégage du marbre brut. La perfection achevée est un astre mort, qui ne vibre plus et nous laisse insensible. La réalité augmentée du numérique, la finesse des détails, l’évidence de la réalité tuent l’imagination du spectateur, le confrontant à l'évidence d'une réalité simulée et à une questiperformance technologique, d’où toute poésie aussi bien que toute approche critique sont évacuées.
La force d’expression de l’art n’est plus aujourd’hui – et n’a peut-être jamais vraiment été – dans l’imitation des objets. Elle n’est pas dans le simulacre ou l’illusion, mais au contraire dans la divergence, dans la liberté que prend l’artiste par rapport à la représentation servile. Entre synthèse et signe, la peinture choisit le moins, qui devient le plus : le signe. La peinture ne saurait, viser la représentation, mais plutôt la présentation d’une liberté. La peinture n’est pas une photographie, mais une écriture, qui tend souvent à l’idéogramme.
Peindre, c’est écrire sur une blancheur qui isole le signe de la réalité et lui confère son pouvoir calligraphique et iconique. Peindre un dieu, un code barres ou un diagramme, ce n’est pas peindre la réalité, ce n’est pas représenter, mais évoquer et présenter une clé virtuelle d’interprétation. L'art n'est pas technologie, mais cosa mentale.
Hervé Fischer

2009-02-28

Nos fantômes numériques

Le livre bien informé d’Éric Sadin Surveillance globale * aborde avec beaucoup de pertinence philosophique la problématique de plus en plus vertigineuse de nos doubles virtuels dans les réseaux numériques et les banques de données. Notre univers lui-même est progressivement interprété et modelé en fichiers et algorithmes qui nous en livrent une construction de plus en plus détaillée et instrumentale. Et au sein de ce simulacre technoscientifique de notre milieu de vie, nous sommes nous-mêmes individuellement – oui, chacun de nous - métadatés. Les ordinateurs accumulent - à l’aveugle, ou avec des intentions spécifiques d’enquêtes -, de multiples données individuelles, qui constituent peu à peu une sorte de simulacre de nous-mêmes dans le monde virtuel. Ces nuages de données s’accumulent et s'enregistrent constamment à partir de tous nos actes quotidiens, même les plus anodins : achats avec cartes de crédit, billets d’avion, numéros de téléphone appelés, navigations sur le web, échanges de courriels, dossiers médicaux, financiers, suivi de nos déplacements (téléphones mobiles ouverts), habitudes de consommation, de lecture, fréquentations, etc. Souvent même, nous contribuons volontairement et avec enthousiasme à cette vaste hyperbibliothèque humaine, digne de la Stasi en plus efficace, en confiant nos photos et nos émotions à des plateformes insidieusement conviviales telles que Facebook. Nous existons dans ce monde virtuel comme des fantômes numériques de nous-mêmes, exposés à des manipulations, des menaces, des extorsions toujours possibles, du data marketing, voire séduits par nos désirs de socialisation et nos rêves de survie virtuelle (on pense aux entreprises bien réelles de pompes funèbres numériques qui nous offrent de maintenir éternellement actifs sur le web nos données numériques, sites web, blogs, etc.)
Comme chacun sait, nous n’avons aucune garantie que ces informations soient traitées confidentiellement, non croisées, détruites régulièrement, non confondues avec des homonymes, etc. Nous n’y avons que très peu accès ou aucun accès, nous ne pouvons en contrôler l’exactitude. Et la lutte contre le terrorisme a légitimé de facto, officiellement ou secrètement, le pouvoir de contrôle totalement inédit des technologies numériques. L’encadrement démocratique est défaillant, tout autant que notre conscience des faits. Pourtant, ce n’est peut-être que le début d’un nouveau modèle social numérique qui s’ébauche actuellement et que des dérives politiques et policières fascistes – on sait que le monstre peut toujours resurgir, même en Europe aujourd’hui, où les mouvements d’extrême droite recommencent à pulluler – pourraient transformer en cauchemar orwellien numérique complet. On dit que dans la nature rien ne se perd. Dans le monde numérique non plus. Vous pouvez perdre vos données sur votre ordinateur et même votre ordinateur, mais les réseaux de serveurs privés et publics, eux, ne perdent rien, même les messages que vous avez effacés de votre disque dur. Logiciels espions et cookies se multiplient. Nous observons de plus en plus de fraudes, de vols d’identités, qui ne sont que la partie visible de l’immense iceberg numérique qui risque de faire échouer toutes nos valeurs, si durement conquises, de démocratie, de transparence, de liberté, de respect de la vie privée, etc. Dieu est mort. Nous n'avons plus d'âmes. La belle affaire, si le diable nous tague et nous dote à notre insu de meta data qui pourraint bien être toutes aussi pernicieuses et nous conduire aussi en enfer!
Éric Sadin ne joue pas avec complaisance les prophètes de malheur. Mais il nous donne avec réalisme la mesure des développements technologiques en jeu, tant au plan de la micro-surveillance que des contrôles globaux. Il ne nie pas plus que nous les vertus du numérique, ni celles du contôle social. Mais il se demande si notre acceptation de cette surveillance globale et de sa dérive ne tient pas aux anxiétés de notre inconscient collectif, et à une compensation que nous souhaiterions opposer aux menaces nouvelles et insaisissables du monde actuel. Rendus pessimistes par l'histoire moderne et actuelle, beaucoup ne croient plus au progrès et acceptent l'idée de plus d'ordre et de contrôle, voire rêvent de fascisme, surtout en période de dépression économique menaçante, comme à un rempart nécessaire contre le chaos. Et il est vrai que nos démocraties sont molles. Elles ne savent pas toujours se défendre. Ou plutôt, nous sommes trop dépolitisés et ne défendons pas assez vigoureusement nos démocraties, dont le sort se joue désormais autant dans le monde virtuel que dans les parlements. C’est à chacun de nous d’y veiller. Tel est le principe même de la démocratie, qui doit désormais prendre en compte sa dimension numérique.
Il faut lire le livre d’Éric Sadin, qui actualise le mythe de Big Brother**, au moment où il menace de devenir de plus en plus réel.
Hervé Fischer
*Éric Sadin, Surveillance globale – Enquêtes sur les nouvelles formes de contrôle, Flammarion, collection « Climats », Paris, 2009.
** Reg Whitaker, Big Brotjer.com - La vie privée sous surveillance. Presses de l’Université Laval, Québec, 2001.

2009-02-19

Facebook recule : une victoire temporaire?



Je n’ai cessé de dénoncer *, à contre courant de l’engouement actuel, les graves manques à l’éthique du désormais célèbre site Facebook, qui s’approprie contractuellement (en petites lettres) toute information que les multitudes d’ingénu(e)s en mal de convivialité sociale lui confient en abondance sans s’inquiéter du non respect de leurs données personnelles et finalement de leur vie privée, que Facebook se donne le droit de modifier, compléter et vendre à toute tierce personne désireuse de faire du marketing privé. L’effet de mode semble avoir jusqu’à présent protégé son fondateur M. Zuckerberg contre les poursuites. Et il y en a. Ce n’est pas tout : par deux fois – et la seconde date de début février – M. Zuckerberg a tenté de modifier encore davantage la propriété qu’il s’est donnée sur toutes nos informations privées, pour les vendre très officiellement aux acheteurs de data ming grâce au système Bacon, (un nom bien choisi pour s’engraisser, par M. Zuckerberg dont le nom allemand signifie montagne de sucre et qui est en passe de devenir a Goldberg : une montagne d’or. Le psychanalyste Lacan y aurait vu toute une fatalité.
Or, pour la deuxième fois, Facebook a reculé devant le tollé des protestations. Une pétition intitulée MoveOn.org a réuni en un moment près de 100 000 signatures de membres de Facebook qui se déclarent prêts à entamer la lutte et à quitter cette plateforme de socialisation trop impatiente de transformer les clics en dollars.
Cet exode d’utilisateurs et les dénonciations publiques sur le web seraient trop dommageables pour un site qui frise désormais une valeur boursière en milliards de dollars. Il est difficile de dire combien de milliards vaut Facebook tant que la société n’est pas entrée en bourse et par les temps de crise financière actuelle, c’est encore plus hypothétique, mais les évaluations sont déjà montées jusqu’à 11 milliards et Microsoft y a investit 240 millions.
Il faut savoir que Facebook compte maintenant plus de 150 millions d’usagers actifs, dont le nombre augmente de quelques 600.000 par jour. On prévoit qu’en mars 2009, Facebook comptera 200 millions d’usagers, soit à soi seul la population de plusieurs grandes puissances européennes. **
Il ne faut donc pas se faire d’illusion. Le recul de Facebook n’est que tactique. Ses dirigeants reviendront à charge, à pas feutrés, sous peu et continueront à grignoter discrètement sur le droit de ses clients au respect de leur vie privée. L’enjeu financier est vertigineux et seule une législation américaine plus musclée pourra moraliser peut-être un jour ce site qui enfreint actuellement toutes les lois avec la complicité angélique de millions de personnes, dont 70% ne résident pas aux États-unis. Les candidats politiques, les grandes entreprises, les églises y sont présents. On nous dit que chaque mois plus de 700 millions de photos et plus de 4 millions de vidéos y sont chargées, de même que 15 millions d’informations telles que des liens, des récits, des blogs, qui sont échangés entre les usagers. Plus de 2 millions d’événements y sont créés, plus de 19 millions de groupes sociaux divers s’y sont hébergés pour y mener leurs activités de socialisation et de promotion. Second Life même ne résista pas à la compétition et perd son attrait.
Combien de temps encore Facebook pourra-t-il agir contre les lois et leur esprit? Ou est-ce la loi de protection de la vie privée qui va céder sous cette pression qui ressemble à un tsunami numérique? Je parie avec conviction pour le retour en force de la loi un de ces jours, à l’occasion d’inévitables scandales à venir qui défrayeront immédiatement la planète web. Suis-je un prophète de malheur? Je crois plutôt à la nécessité du respect de la vie privée. Et je redoute ce genre de plateforme de socialisation qui tombe inévitablement sous la coupe de tous les marchands sans éthique et de la cybersurveillance généralisée, telle que l’analyse Éric Sadin dans son livre « Surveillance globale »***.
Mais dans l’immédiat, ce qu’il faut souligner, c’est bien que Facebook recule pour la deuxième fois. M. Zuckerberg reconnaît le droit de propriété des usagers sur les informations qu’ils confient à Facebook. C’est tout le contraire du contrat discret qui était en ligne jusqu’à présent et qui déclarait que tout usager aliénait entièrement ses informations au profit de Facebook et à perpétuité! Désormais, les internautes sont de plus en plus nombreux à avoir placé Facebook sous surveillance. Il s’agit d’une toute petite minorité, certes, mais active et consciente de ses droits et de son pouvoir, comme un cailloux dans la chaussure de M. Zuckerberg. L’avenir leur donnera raison. Il faudra que Facebook se civilise et réintègre le cadre de la loi sous peine de poursuites collectives que son image de marque ne supporterait pas sans pertes financières majeures et certainement impensables pour son créateur de génie.
Hervé Fischer

*Voir mon blog Facebook two faces, 12.05.2008
**Le lecteur trouvera un tableau chiffré des résultats mirobolants de Facebook notamment sur le site : http://www.readwriteweb.com/archives/facebook_growth_explodes.php
*** Voir la rubrique Actualité der l’actualité en date du 17 février..

2009-02-17

Digital Arts China

Digital China is moving ahead. No doubt that this country is giving attention not only to computing industries but also from now on more and more to the creation of quality Chinese digital contents and services. As a visiting professor at the Beijing Institute of Graphic Communication, l had the opportunity to visit a series of Labs and to attend in February 2009 an important meeting devoted to the foundation of a new digital industry national network and base. Hosted by Zhang Zhaoxia, from the China Dance Academy, the meeting was attended by Liu Xu Gyuang, director of the New Media Lab of the Beijing Film Academy, Zhang Xiao Fu, President of the Electronic Music Association of China, Yu Xinbo of the Beijing Opera and Li Ping, CEO of the International Federation of Multimedia Associations. Pr Li Yi Fan, head of the New Media Industry Base of the BIGC made the proposition of creating an alliance of these different Labs allowing to better promote the multimedia convergence of these expertises in China and to start a dialogue with the central government. We may think that they will be well received by a Department of culture eager to support what is now considered as a national priority: Creative Industries.
Meanwhile, the central government has decided to focus on five important cities for a faster development of new media zones: Beijing, Shanghai, Shenyang, Chengdu and Kouang Tcheou, not to mention Hong Kong's initiatives. Simultaneously Pr Zhang Xiaoming, Deputy Director of Research Center for Human Resources (CASS) organizes each year an international Creative Industries Forum and publishes an annual collective "Blue Book" spported by UNESCO which takes in account the new digital trends.
An other important meeting which l attended at the Beijing Art Museum of Imperial City focused on the importance of developing from now on quality digital contents. Representatives of the government, of printing industries, Jia Lei Lei, president Assistant of the prestigious Chinese Academy of Arts, Zhang Yong director of the Museum, Li Yi Fan of the School of Art Design, Ping Li of FIAM and industry developers agreed upon the idea of accelerating the offer of Chinese contents on line. A World Internet and Multimedia Summit will be held in Shenyang next September.
Confucius turning digital

The well known label Made in China is fast metamorphosing into Created in China. And it is not only promising for cell telephones and computers manufacturing, but also for multimedia design and contents on all screens, including the mobile screens. Again we may announce that Confucius is turning digital.
Hervé Fischer

2009-02-14

Les vieux médias


On ne parle plus, bien sûr, que des nouveaux médias : New Media. J’écris ce blog de la «China New Media Development Zone», dans le district de Daxing, à quarante minutes au sud de Tienanmen Square. Cette zone, créée par le gouvernement, et qui s’étend sur quinze kilomètres, est en plein dévelopement. Il y a beaucoup d’autres zones de ce type en Chine – et le gouvernement central a décidé de privilégier cinq villes, où il investit massivement -, à Beijing même, mais aussi, bien sûr à Shanghai, à Chengdu, à Shenyang, et dans le Sud, sans compter Hong Kong.
Confucius numérique

Il est vrai que la Chine, qui a, la première, inventé l’écriture et l’imprimerie, et qui est aujourd’hui en passe de devenir la première puissance économique du monde, a, cette fois, un peu de retard, quant au développement des nouveaux médias. Pas pour très longtemps. Confucius numérique est en chemin, bientôt en ligne!
Et ailleurs dans le monde, qui ose encore parler des vieux médias? Qui osera encore en faire l’éloge? Beaucoup annoncent que les jours du livre et du journal papier sont comptés. Même le cd serait déjà un vieux média, chacun chargeant de la musique en ligne. On annonce aussi que les blogs vont disparaître, puisque maintenant il vaudrait mieux communiquer sur Facebook et sur Twitter pour être lu. On assite à une sorte d’accélération hystérique. Non seulement tout vire numérique, mais tout migre en ligne. À croire que l’être humain lui-même sera bientôt en ligne pour survivre, et que son simulacre terrestre, le viel être humain que Dieu a fait à sa propre image, mais archaïquement de terre et de poussière, est condamné à disparaître. En d’autres termes, comme dirait aujourd’hui Descartes, je communique, donc je suis. Et il va de soi que je communique en ligne. Donc je suis sur les réseaux numériques – ou je ne suis pas… L’excès est tel, qu’on sera en droit de se demander si nous ne sommes pas victimes d’un mirage, au sens traditionnel du mot : un simulacre du réel, qui nous trompe; un miroir aux alouettes, mais qui apparaît plus proche et plus réel que la réalité. Certes, tout ce qui est nouveau est beau : c’est le slogan que nous récitons aujourd’hui en chœur.
Pourtant, j’oserai sans hésitation affirmer que j’aime mieux lire un livre papier qu’un écran cahodique ou même plasma; que j’aime mieux, dans le métro, ou chez moi en prenant mon café, lire un journal papier qu’un écran d’ordinateur ou de téléphone portable, même si les nouvelles y seraient plus immédiates. On m’objecte : voyez les jeunes d’aujourd’hui : ils n’ouvrent pas de livres, sauf en classe où on les y oblige, ils ne lisent pas les journaux papier, ils sont tous toujours sur l’internet, même et surtout pour jouer. D’ailleurs, comme le rappelle Steve Jobs avec une conviction commerciale primaire : ils ne lisent plus. À l'en croire, on ne lira plus à l’avenir, sauf sur son écran d’iPood. On oublie seulement que le comportement des jeunes ne préfigure pas le comportement qu’ils auront à l’âge adulte. Cela a toujours été ainsi.
Le mirage numérique

Et pourquoi sacrifier à ce mirage, comme si la nouveauté était la panacée universelle? Je trouve plus d'analyse petinente, approfondie, dans les "vieux" journaux et magazines que sur l'internet, qui mise davantage sur l'événementiel spectaculaire. Je passe autant d’heures le nez dans des livres que sur mon écran. C'est la beauté de notre époque. Cela me rend deux fois plus heureux, deux fois plus informé, deux fois plus actif, et deux fois moins bête. Car pour prendre le temps de réfléchir, pour cultiver son intelligence, il ne suffit pas de se faire remplir comme un vase au robinet qui coule à flots de capsules de tout, y compris d’information, voire de citations remarquables. Il ne fait aucun mal de faire une pause dans un livre, dans un article de magazine un peu plus approfondi, voire de regarder un tableau, ou même de méditer devant la nature.
Cet effet de mirage numérique n’est pas sans vertus fascinantes, hypnoptisantes mêmes, mais pourquoi en faire un parti pris qui le transforme en défaut – un mot qu’il faut lire à la lettre – je veux dire : un manque d’attention pour les questions plus complexes. Qui a dit que la pensée juste est dans la vitesse? Pas moi, jamais. C’est Bill Gates, un autre manufacturier.
Les vieux médias ont du bon et je les aime autant que les nouveaux. J’ai besoin d’eux autant que des nouveaux. À l’école, cela devrait être dit et rappelé. Et cette attitude est recommandable pour tout adulte qui veut exercer au mieux ses capacités intellectuelles et ses responsabilités humaines. Les nouveaux médias, en revanche, sont imbattables pour les «utilités».
Je sens que je prends le risque, une fois de plus, de me faire accuser de défendre trop les livres et d’être contre le progrès. Pourtant, que je sache, le numérique est une technologie prodigieuse, mais ce n’est pas encore une religion! Je suis d’ailleurs croyant, depuis vingt cinq ans maintenant! Mais je ne serai jamais intégriste numérique. Ceux qui le sont se montrent enthousiastes, ce qui les rend sympathiques, d’autant plus qu’ils sont inoffensifs, à la différence des fous de dieu; mais j’accepte sans regret qu’ils me traitent de vieux média. Cela ne m’empêche pas, en plus de lire des livres et des journaux, de passer chaque jour des heures en ligne, comme eux.
Hervé Fischer

2009-02-08

Le Canada et le Québec en perte de vitesse



Alors qu'il était classé parmi les premiers, le Canada est aujourd'hui à la traîne pour le développement du commerce électronique et en tête de peloton pour le chargement illégal et la fraude sur l'internet.
Les deux tableaux reproduits ici ne sont pas glorieux pour nous. Que veut-on de plus? Eh! Bien continuer à décliner, puisque le gouvernement fédéral actuel ne comprend manifestement pas que les réseaux numériques sont les infrastructures d'aujourd'hui. Son budget de crise ignore la recherche développement qu'il faudrait consacrer au numérique. Et quant au Québec, il est encore plus à la traîne que les autres provinces du Canada. Il n'a toujours pas mis en oeuvre les 24 millions de dollars votés dans le dernier budget pour les réseaux large bande des régions éloignées. Le problème semble venir du fait que les responsables politiques sont de la génération précédente, celle des "immigrants" dans le cybewmonde, qui s'y sentent mal à l'aise et n'en voient pas l'importance stratégique.
Les réseaux numériques supportent toutes les activités économiques, l'éducation, la santé publique, les industries culturelles, rapprochent les régions éloignées. Nous avons besoin d'un leadership dans ce domaine et nous nous heurtons à l'inconscience et au conservatisme de ceux qui nous dirigent.
Nous sommes pourtant nombreux au Québec et au Canada à prêcher... dans le désert.
Hervé Fischer

2009-01-24

A Tentative List of Sites to look at


Dear All, here is a tentative list of sites that over the years have attracted my attention. I am putting them all together to save them from terminal loss. The trouble with great web sites is that they appear in your life like excellent jokes, you hear them, you love them, you swear to yourself and to anybody who cares to listen that you will remember that one and tell it to everybody i n sight, and you forget them immediately.
Good oldies (search engines)
Thinkmap
A lot of imagination went into the hypertextual possibilities of links even before pageranking implemented by slashdot,com and later Google. I was very inspired to write my book on Connected Intelligence by Thinkmap, a site that is now an industry that began as a thesaurus using a hyperbolic tree connecting all the words that r elated in clusters around a central one that gave it the theme. I recommended them for the Ars Electronica prize back in 1996. Today, the New York based company offers a number of interesting services.
The Brain
Every one one knows about this good, clean design, for browsing one's own content classification. I like the design, but I don't use it, except occasionally as a s ubstitute for Powerpoint when I have the time:
Kartoo
I loved this one at first sight, a French invention of ten years ago, that allowed one, much faster than even Google today, to locate exactly which John Smith you were looking for. They are still around with a clean design and fast interactivity.
Grokker
Not humongously useful, considering how many city or name-based search engines exist today, but still thrills me for its design.
Smart Money Map-of-market
Martin Wattenberg who created this site is a master web designer. Again this oldie shows an artistic side (check many other sites by Wattenberg) that uses a Mondrian-like design to indicate variations in stock market. Int elligent, beautiful, alive and useful (for those who had money before the crisis!)
Last Fm
Everybody knows this one too, although more recent than the previous ones. The ancestor of this one got a Jury mention at Ars Electronica 1994. It was called homr.org and allowed people to rate music and obtain not only a list of other music they might enjoy based on their ratings, but also created an automatic community of people whose choices were similar to yours. Subsequently it changed names and then disappeared. LastFm is a kind of re-incarnation of the principle, but without the community creation, something that I dubbed, "electronic tastebud" .

Newer issues
There are tons of new things since web 2.0, social bo okmarking and Google-everything (and specially umteen variations on googlmaps). I am including here the ones that come to mind spontaneously, but the list is FAR from exhaustive, and I welcome any suggestion on your part.
Oskope
This is a very elegant and truly useful site to search, classify and store in a rapidly interactive way whatever you are looking for on YouTube, Flickr, E-Bay and whatnot. Check out the click and drag and set in folder function. Awesome.
Devonthink
Devonthink was recommended and demonstrated to me by Stephen Johnson, best-selling author of just about anything he cares to publish. He claims that he owes it all to this little-known but powerful search engines that probes the contents of your own computer (as GoogleDesk does, but much better) in a rational tag and keyword based fashion. The principle is simple but requires a minimum of discipline (which of course I do not possess!): you simply tag along the quotes and texts and references that you encounter in the course of your writing, surfing and storing, and five years later, you have another book that is almost self-written! If you think that is too ego-centric, just throw the theme of the book in and 24 hours later, the world will have given you stuff you can add to show that you are contemporary to the isssue!
NB: del.icio.us has a system very much like Devonthink, but dedicated to the web, that is outside content as well as stuff inside your hard disk. Try it, you will never leave it.
The following few sites tickle my global art fancy because they all take advantage of the limitless potential for worldwide participation in a common realization or real-time global information.
World clock
This is an all-time, anytime, winner that allows you to see the statistically correct numbers of specific worlwide events, birth, deaths, maladies, car sales, house starts, oil barrels, prices, etc. You can ask for any configuration of data in terms of the day, t he week, the month, the year or the decade. Impressive because it generates instantly a global emotion, the like of which began for me when I saw Apollo's landing on the moon in 1969...

Global emotional circulation
I am putting under this title a group of variations on the theme of global emotion by Maurice Benayoun, a French artist who has developed a strong glo bal sensibility. You may need to dig a bit into this following URL to find stuff that suit your interest more specifically
Sensorband
AtauTanaka's great shared musical composition and playback site

Wefeelfine
Like Wattenberg, Jonathan Harris is another Webmaster to keep track of. I am very moved by this attempt to provide the user with a real-time array of expressions of emotions around the globe. It paratkes of the same sensibility of the beautiful Listening post by Mark Hansen and Ben Rubin, but inste ad of merely showing you text-based messages flying across neatly arrayed screens, it allows you to interact and select clusters of real-time messages on your screen

The universe.com
The other Jonathan Harris must see, this site offers a dozen different way of arranging and sorting data about news, events and people you need or want to know about immediately. Useful and super aesthet ically.

Bestiario
Another stunningly beautiful browser, not quite global in intent, but created by developers working for Art Futura (a great refernce in itself) to allow people to browse pleasurably and rapidly all the videos posted on line by the world famous TED conference
Hyperlinking the Real World (courtesy of Eduard Vinyamata)
European researchers working on the MOBVIS project have developed a new system that will allow camera phone users to hyperlink the real world. After taking a picture of a streetscape in an urban area, the MOBVIS technology identifies objects like buildings, infrastructure, monuments, cars, and even logos and banners. It then renders relevant information on the screen using i cons that deliver text-based details about the object when clicked.
http://www.readwriteweb.com/archives/hyperlinking_the_real_world.php
My own site (in construction but already visitable) is an attempt to provide a background history and a large sampling of existing gloabl artistic installations, web sites and other projects. Only the first four little screens of the 33 that make up the global person - hommage to Nam June Paik - are active, but it gives you an idea. I will be working with Paolo Branigade to complete the site over the year. Help and suggestions are welcome.

See also the lovely site created by Franz Iandolo and his students on the same theme:
Some of my favorite Youtube videos: these are so well-known that they need no introduction. If you haven't seen them, you simply owe to yourself to google them and check them out RIGHT NOW.
Battle at Kruger
Free Hugs
The machine is using us
The YouTube Symphony Orchestra,
Featuring the first-ever collaborative online orchestra, perform ing the "Internet Symphony No. 1 'Eroica'", by Tan Dun.
http://www.youtube.com/symphony
Have fun and please do me the same favor if you can remember more good sites than good jokes!
Cheers. DdeK
d.dekerckhove@utoronto.ca

2009-01-19

Arts numériques et arts scientifiques


Le Québec avait pris une longueur d’avance depuis vingt-cinq ans dans le domaine des arts numériques et des effets spéciaux pour le cinéma. Le premier film d’animation par ordinateur en 3D Tony de Peltrie, les expositions Images du futur de la Cité des arts et des nouvelles technologies de Montréal, les Festivals de musique électronique Elektra et Mutek, et maintenant la Société des arts technologiques ont notamment contribué à ce succès.
Mais qu’en est-il-il désormais? Le marché de l’art et les musées boudent cet art dématérialisé, dont la conservation est quasiment impossible. Les arts numériques se tournent donc vers les festivals et les nouvelles formes de spectacle, s’éloignant ainsi de la tradition des arts visuels, qui semble aujourd’hui orpheline. Ils optent pour les industries culturelles qui peuvent les financer et leur trouver un public, se fondant dans le divertissement et les mass médias. Mais ils perdent souvent ainsi cette capacité de questionnement politique, qui avait été si forte dans l’art pendant un siècle, depuis les Impressionnistes jusqu’à l’époque des avant-gardes des années 1970-80.
À l’inverse, sont apparus ce que j’ai appelé les arts scientifiques - bio art, art éconumérique, arts de l’espace, du monde économique, qui questionnent les grands enjeux humains d’aujourd’hui, souvent aux limites de la science fiction : manipulations génétiques, intelligence, vie et nature artificielles, nanotechnologies, équilibres écologiques, astrophysique, exploration de l’espace, libertés individuelles, etc. Ces démarches d’artistes-chercheurs liant art, science et technologies numériques, ne rejoignent encore que des publics initiés, mais à l’opposé des arts dits médiatiques, ils explorent véritablement notre nouvelle image du monde technoscientifique et économique, la nouvelle sensibilité esthétique qui en résulte, et participent aux débats politiques de l’âge du numérique. Prennent-ils le relais des arts visuels? Certes, le numérique renoue avec la tradition orale, plurisensorielle, mais c’est sans la mémoire qui assurait sa transmission. Sommes-nous désormais condamnés à une culture artistique numérique sans mémoire, si ce n’est documentaire? Il se pourrait que ce soient les arts scientifiques, emblématiques de l’âge du numérique, qui prennent le relais de l’histoire de l’art.
Hervé Fischer
(Ce texte paraît dans le Guide des Tendances 2009, éditions Isabelle Quentin)

2009-01-16

Before and after Google? B. G. - A.G.





Let's give the word today to Karl Fisch, Scott McLood and Jeff Bronman. Karl Fisch, a high school administrator at Arapahoe High School in Littleton, Colorado, pulled together a powerpoint with “some interesting ideas” for teachers at his school. Later, Jeff Bronman and Scott Mcleod, a professor at Univ. of Minnesota, generalized the presentation.And hhis video has been added to Youtube at the end of October and more than 300k persons already watched it…as I see it more and more posted on Facebook We may think that this number will explode easily reaching 1 Million viewed by the end of January.
It is named Exponential Technology. You may see it at: http://www.wikio.fr/video/622441l I invite you to look at it. When l spoke of a "digital shock" in 2000, l was even shy! l wish you a happy new year and keep optinistic. May be tghe best is to come! Well... it depends on all of us! No on the technology, butas the technology changes our ideas, the future may get difficult to master. i don't see how we could survive and improuve our human condition without a mutation of our brain... It would not be the first one un the recent time, since we get down from the trees. Our evolution has always been accelerated in comparison with all other species we know.
We thank Karl Fisch, Scott McLood and Jeff Bronman for their excellent pedagogic video.
Hervé Fischer

2008-12-16

NUMÉRAIRE & NUMÉRIQUE


Pour expliquer la crise financière actuelle, on accuse à bon droit la déréglementation néolibérale et la cupidité des spéculateurs aux États-Unis. Mais ce qui est vraiment nouveau, c’est que la généralisation des technologies numériques dans les opérations boursières semble avoir aussi largement contribué à la gravité de cette crise. En effet, elles déréalisent l’économie, dont les produits et services sont de plus en plus fondés sur l’information planétaire et immédiate. Le temps‚ c’est plus que jamais de l’argent. Et il s’est accéléré.
L’économie est donc devenue très nerveuse‚ évoluant à la vitesse de l’informatique, alors que les flux des monnaies de la vieille économie‚ fondée sur le travail, les matières premières et sur des systèmes de communication lents‚ étaient beaucoup plus étanches les uns par rapport aux autres et beaucoup plus inertes. La cyberéconomie est devenue un espace-temps hypersensible.
Cette virtualisation de l’économie favorise certes la fluidité des échanges‚ mais aussi l’emprise des pulsions que l’imaginaire peut exercer sur elle, et donc sa volatilité. De fait, ses monnaies ne sont plus des unités de mesure et d’échange du réel, mais la matière première elle-même, numérique, d’une économie soumise aux aléas du gambling. L’accélération des flux de ce jeu financier active aussi sa dynamique événementielle et en fait palpiter intensément les rêves de puissance. Et ses produits toxiques peuvent contaminer la planète entière en un temps record en créant des remous d’une ampleur redoutable. L’économie numérique devient ainsi plus vulnérable à la panique.
Le numérique est un excitant psychologique, un psychotrope qui abolit la résistance du réel, euphorise et invite à devenir proactif. Faut-il s’étonner alors que le jeu prenne de plus en plus de place dans ce qu’il faut bien appeler une économie imaginaire? Là où le numéraire circule à la vitesse du numérique‚ de façon quasi interchangeable‚ les imaginations s’excitent et les rythmes cardiaques s’accélèrent avec des rêves d’enrichissement facile et immédiat. Dans le domaine de la comptabilité et de la spéculation financière, comme dans le jeu vidéo, le numérique nous propose de cliquer sur le clavier sans le moindre effort, sans échange avec d’autres humains, dans l’intimité de l’écran. Il tend à induire une créativité réactionnelle et des comportements déréalisés. Il excite le désir et neutralise le principe de réalité. Dans les jeux vidéo, on peut perdre, gagner, tuer ou être tué, sans que cela soit réel. Et dans les opérations financières, on peut de même déplacer, modifier ou créer des fichiers financiers, comme dans un jeu, en apesanteur. En spéculant, on ne devient peut-être pas tant immoral que tout simplement un joueur cynique. Ainsi, on vient de découvrir qu’un spéculateur qui disposait d’une excellente crédibilité à Wall Street depuis des années, a pu frauder les investisseurs les plus expérimentés pour un montant qu’on évalue à cinquante milliards de dollars ! Et ce n’est pas le premier. Depuis deux ans l’actualité a déjà braqué ses projecteurs sur plusieurs cas semblables, qui chaque fois atteignaient de nouveaux sommets dans la falsification des comptes de grandes institutions financières. Combien d’autres baroudeurs numériques la crise va-t-elle nous révéler ? Ils jouent pour jouer, en espérant bien sûr toujours gagner, et vivre comme des milliardaires. Et conséquemment, le numérique déresponsabilise. Il favorise la triche, les fausses comptabilités, les fausses stratégies et la dépendance. Et on perd la conscience des conséquences réelles, éventuellement dramatiques, de ces jeux, sans penser aux ouvriers qui vont perdre leur emploi, aux familles qui ont acheté leur maison avec des hypothèques irréalistes, aux personnes âgées qui ont placé leurs fonds de retraite dans des institutions qu’ils croyaient sécuritaires.
Nous avions déjà assisté en 2000 aux États-Unis à l’effondrement de la bulle spéculative des entreprises.com. L’argent numérique était devenu de l’argent de monopoly. C’est le cas encore aujourd’hui. Et on s’étonne de voir surgir sur le tapis vert des banques centrales des milliards de dollars et d’euros soudain disponibles pour relancer la partie. D’où viennent-ils ? Ils n’existaient pas la veille pour les besoins de l’emploi, de la formation, de la recherche, de la culture, du développement. À se demander s’ils ne sont pas eux aussi de simples fichiers numériques, vite introduits dans les réseaux d’une économie décidément plus imaginaire que créative. Rien ne sert de diaboliser le capitalisme et le numérique, mais nous allons devoir apprendre à réguler le numérique et à encadrer l’économie imaginaire, pour qu’elle décolle moins dangereusement du réel.
Pour autant, notre avenir dépend de plus en plus, de notre maîtrise des technologies numériques, ce qui requiert une sensibilisation, une éducation et un soutien au développement des entreprises. Il nous faut nous alphabétiser numériquement. Curieusement, en cette période de grand remous économiques et financiers, que tous les gouvernements veulent surmonter, personne ne parle de notre entrée dans l’âge du numérique. Il s’agit pourtant, comme pour l’environnement, d’un enjeu stratégique beaucoup plus durable et structurant à moyen et long terme que la crise financière, qui ne durera que le temps d’un crise. Est-ce parce que les nouvelles générations ne votent pas encore ? Existe-t-il un parti politique assez clairvoyant pour s’en faire le champion ?